Solitaire 2015 2ème étape

« Elle sera longue et éprouvante cette étape »

« Une étape de bourrin, bûcheron, sanglier… » tel était le vocabulaire des skippers de La Solitaire du Figaro hier en larguant les amarres pour la deuxième étape qui les conduit de Galice en Cornouaille. Entre ces deux destinations Celtes la route est en effet mal pavée et ventée, au point que le directeur de course en a modifié le parcours par mesure de sécurité. « Ça va nous éviter le plus gros de la baston au large du Golfe de Gascogne » approuvait Gildas Mahé.

Dans le groupe de tête

Ils sont partis dans de tous petits airs, mettant d’entrée de jeu leur patience à rude épreuve. La suite n’a pas été plus complaisante et les marins n’ont pas beaucoup fermé l’œil cette nuit en naviguant sous des orages et dans un vent très perturbé. Gildas Mahé a pris un bon départ et menait la meute en début de nuit. Depuis, il reste dans le groupe de tête et est le plus rapide de la flotte ce matin. Les écarts ont beau être insignifiants entre les 20 premiers (moins de 2 milles), se trouver d’emblée aux avants postes fait du bien au moral et ils vont en avoir besoin…
Depuis le lever du jour, Gildas grignote des places, Thierry Chabagny est en tête mais il doit sentir le souffle du Concarnois qui a une sacrée revanche à prendre après sa très mauvaise première étape. « Là, on joue la rotation du vent et le contournement des pointes. Ça a été un peu sportif ces derniers temps. A présent, le vent rentre doucement, jusqu’à je ne sais pas trop combien. On verra aux prochaines pointes, au cap Ortegal ce que ça donne. Comme tout le monde, je pense, je n’ai pas beaucoup dormi, le vent était un peu foireux. Bon, je m’en sors bien, j’étais bien placé hier soir, puis dans la mistoufle j’ai tout perdu. Là, je suis en train de me refaire la cerise, donc c’est pas mal. »

Tenir…

Ce matin, ils rencontrent enfin des conditions plus favorables pour faire de la route. Une vingtaine de nœuds et une mer belle accompagnent leur progression le long des côtes, le Cap Finisterre tant redouté est derrière eux. Toujours au près, ils tricotent, ce qui signifient qu’ils virent et virent encore de bord. Un virement c’est aussi un matossage de 150 kilos de matériel d’un bord à l’autre du bateau pour répartir les charges au mieux. Et quand ils s’enchaînent, ça tire sur les bonhommes et les bateaux. Mais surtout les bonhommes. Des rafales à 40 à 45 nœuds sont annoncées à la mi-journée. Tout le monde navigue en ce moment au près sous solent en s’abritant au plus près de la côte, il faut aussi composer avec la mer très formée. Le plus dur est à venir.
Elle sera longue cette étape, au moins trois jours et trois nuits, il va falloir tenir…

Solitaire 2015 2ème étape

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