Transat AG2R 2016

Une Transat au millimètre

Saint-Barth. Nicolas Lunven et Gildas Mahé, à bord du voilier Generali, ont coupé la ligne d’arrivée de la Transat AG2R La Mondiale 2016 aujourd’hui à 14h 18mn et 57s en deuxième position avec seulement 4 mn et 4s de retard sur Thierry Chabagny et Erwan Tabarly, vainqueurs.

Le duo Generali, après trois semaines de course, a réussi une superbe traversée de l’Atlantique. La victoire s’est jouée sur le fil et restera dans les annales de la course au large tant les trois premiers tandems étaient en capacité de remporter la mise dans la dernière ligne droite où le vent était aux abonnés absents.

Ils auront été parmi les grands acteurs de cette Transat AG2R La Mondiale. Nicolas Lunven, qui faisait son grand retour sur le circuit Figaro après deux années d’interruption, et Gildas Mahé, grand spécialiste de la série, sont restés dans le top 5 tout au long de l’épreuve et ont mené la flotte durant quatre jours dans le golfe de Gascogne. Le duo a souvent été inspiré et n’a jamais relâché la pression malgré les conditions particulièrement difficiles de cette édition : un vent fort les premiers jours et des cavalcades sous spinnacker d’anthologie, un passage de l’archipel des Canaries très difficile, une météorologie obligeant les marins à descendre jusqu’au Cap-Vert pour ensuite traverser l’Atlantique sous une chaleur intenable dans des alizés imprévisibles…

Nicolas et Gildas n’on pas à rougir de leur deuxième position aux Antilles et du match de tous les instants qu’ils ont livré le plus souvent à vue avec leurs adversaires dont Bretagne – CMB Performance, alors qu’ils étaient au milieu de l’océan. Nicolas, fils de Bruno, premier skipper Generali (La Concorde à l’époque) voilà 41 ans, va désormais se reposer avant d’enchaîner la Le Havre All Mer Cup et surtout la Solitaire Bompard Le Figaro dont il sera le seul ancien vainqueur engagé. Gildas Mahé, de son côté, traversera une nouvelle fois l’Atlantique afin d’amener avec son copain Morgan Lagravière, le monocoque de 60 pieds Safran à New York.

Ils ont dit :

Nicolas Lunven : « Ça a été la bagarre jusqu’au bout. Hier soir, avec le dernier classement, nous nous sentions très menacés. Nous avions peur de perdre le podium. Mais au petit matin quand on a vu que nous étions revenus sur les deux premiers, nous étions super contents. C’était génial. Ce matin, nous étions contents de voir que l’on pouvait sauver le podium. Finir deuxièmes, nous sommes vraiment contents. Gedimat fait un vainqueur magnifique ! 4 minutes derrière, ça peut être rageant mais ça aurait aussi pu être quatrièmes au pied du podium voire peut être même cinquième.

A 500 mètres de la ligne quand on a commencé à se taper dans la main avec Gildas, on s’est dit que dans deux ans, si l’occasion se représentait, on repartirait ensemble. Ça vous résume nos trois dernières semaines de course (rires).

Nous avons passé pas mal de temps avec Bretagne CMB. Cette deuxième place, c’est peut être aussi grâce à eux. Nous nous sommes tirés vers le haut mutuellement. Car quand tu as un bateau au milieu de l’Atlantique à un demi-mille de toi forcément tu ne veux rien lâcher. Ça nous a tenus à cran. On n’a pas mis beaucoup le pilote. Nous n’avons pas non plus beaucoup usé les taquets pour bloquer l’écoute de spi. C’est ce qui nous a mis dans cette dynamique. On a beaucoup croisé et recroisé aussi Gedimat. »

Gildas Mahé : « On avait 20 milles de retard aux Canaries. Il faut aussi mettre ça dans la balance. On peut trouver ces 4 minutes dans la transat mais on peut aussi les trouver dans l’autre sens. Il faut de la mesure. C’était une magnifique Transat, on a eu une bataille incroyable.

Nous avions fait une transat avec Nico pour venir ici en convoyage en novembre. On revient sur nos terres (rires). On ne s’est pas découvert et au contraire, j’ai vraiment apprécié de connaitre encore un peu plus Nico au niveau strictement bateau. Pour le reste, ça s’est vraiment très bien passé. C’était un plaisir !

On a passé du temps à regarder l’AIS pour voir si on gagnait ou si on perdait 1% de vitesse sur Bretagne CMB ! Ça n’arrive pas souvent au milieu de l’Atlantique. Ça fait un peu spécial.

Cette nuit, comme le patron n’était pas là, je me suis dit que c’était le moment de tenter une petite option (rires). Je me suis dit : allez il ne surveille pas … Il dort… Je l’ai même laissé dormir plus longtemps… Au réveil, je lui ai annoncé qu’on était très décalé dans le nord, que c’était comme ça… que le latéral était fait et que maintenant, il fallait gérer ! »

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